Allée Raymond Fredonnet (1924-2015), résistant et fondateur des fêtes du Pont de la Pierre, à Bellac
Cette allée porte son nom. Voici qui était Raymond, pour celles et ceux qui ne l'ont pas connu.
Son histoireDe Droux à Bellac, une vie d'engagement et d'amitié.
Son père ayant été blessé pendant la Première Guerre mondiale, Raymond doit travailler très jeune et entre aux Tanneries Papon, à Bellac. De cette enfance rude, il gardera le goût du travail et le sens des autres.
Mécanicien, plombier, électricien, soudeur : il savait tout faire de ses mains. « Monsieur Fredonnet » pour les officiels, « Fredon » pour les copains, Raymond pour les amis. Meneur d'hommes né, il passera sa vie à rassembler les siens autour d'une cause ou d'une fête.
Une vie, en quelques étapes.
Les premières années
Né le 1er août 1924 à Droux, au lieu-dit du Petit-Confolens, en Haute-Vienne. Il perd tôt l'insouciance de l'enfance : à peine adolescent, il est déjà au travail pour aider les siens.
L'appel de la France libre
En 1940, il s'engage dans la Marine, espérant rejoindre le général de Gaulle et les Forces françaises libres. Démobilisé après le sabordage de Toulon, il rentre à Bellac, où lui parvient l'ordre de réquisition du STO (le Service du travail obligatoire, le travail forcé en Allemagne).
« Olive », réfractaire et résistant
Réfractaire au STO, il rejoint à dix-neuf ans les maquis du Limousin sous le nom d'« Olive ». Accrochage de Chabanais, locomotive sabotée, barrages face à la division SS Das Reich, accrochage du Pont du Vincou, capitulation de la caserne de Magnac-Laval : il est de tous les combats, et participe à la libération de Bellac avec le sous-préfet Jean-Marie Fabre, qu'il délivrera plus tard de faux maquisards. Après le front de l'Atlantique, il revient à la vie civile, toujours chez Papon, sans jamais avoir accepté de grade : simple soldat, par fidélité à ses camarades.
L'âme des fêtes du Pont de la Pierre
Chaque été, il monte avec les ouvriers du quartier un immense parquet de bal posé à même le lit du Vincou : jeux, concours, joutes sur l'eau, feu d'artifice et grand bal gratuit. Quatre éditions inoubliables, restées dans la mémoire de Bellac sous le nom de « bals flottants ».
Rassembleur, jusqu'au bout
Président de l'association des anciens combattants et de la Résistance de 1951 à 1989, il organise aussi les grands ball-traps des années 70-80 puis les repas de quartier du Pont de la Pierre. En fin de vie, il se fait historien de la Résistance pour redonner un visage à ses compagnons tombés.
Chevalier de l'Ordre national du Mérite
La Nation reconnaît son engagement : en mars 2013, Raymond est décoré, à Bellac, chevalier de l'Ordre national du Mérite.
Sa mémoire
Raymond s'éteint en 2015. Dix ans plus tard, la commune de Bellac donne son nom à cette allée, tout près de ce Pont de la Pierre qu'il avait tant fait vivre.
Quelques souvenirs.
L'hommage de la commune.
Le samedi 29 novembre 2025, Claude Peyronnet, maire de Bellac, a inauguré l'allée Raymond-Fredonnet, en présence d'élus, de Christophe Schneider, président du comité d'entente des associations d'anciens combattants de Bellac, ainsi que des porte-drapeaux et de la famille. La plaque a été dévoilée à l'angle de l'ancienne rue de la Forge à Fer, près de la passerelle Garceaux, au-dessus du Vincou.
« À dix-neuf ans, il refusait déjà de monter en grade : seule comptait la fidélité aux siens. »
En hommage à Raymond Fredonnet, de la part de sa famille.